La Fourmi et l'Accacia
Posté le 10.05.2008 par camillou84
Voilà un rapport que j'ai fait recemment sur le Mutualisme...
Si vous aimez connaître la vie des bêbêtes ça peut vous interesser.
Pour les étudiants qui souhaiteraient me copier, vous etes libre, mais je ne vous le conseille pas et c'est loin d'être d'un haut niveau scientifique...!
Le mutualisme est une interaction biotique dans laquelle deux partenaires trouvent un bénéfice réciproque pour leur survie. Cependant cette association n'est pas obligatoire puisque chacun des deux partenaires peut aussi mener une vie indépendante.
Les cas de mutualisme entre animal et végétal sont fréquents. L'association entre l'Acacia Drepanolobium et les fourmis du genre Crematogaster est un des exemples les plus spectaculaires.
Ce type d'Acacia est fréquent en Afrique de l'Est et plus particulierement dans les plaines du Serengeti. Il mesure environ 2m de haut et ses branches sont couvertes de feuilles.
En conséquence, il subit une très forte pression de broutage par les grands herbivores tels que les giraffes et les éléphants mais aussi par les insectes phytophages. C'est pourquoi, pour sa défense, ses branches possèdent aussi des épines de plusieurs centimètres de long.
Cependant, l'Acacia drepanolobium a aussi des épines enflées, naturellement creuses et d'un diamètre d'environ 2,5cm. Celles-ci servent d'abris à des colonies de fourmis du genre Crematogaster qui ont la particularité d'avoir un abdomen en forme de coeur.
La symbiote la plus commune de cette région est Crematogaster Mimosae avec 50% de colonisation.
Les fourmis y trouvent un habitat favorable pour leurs colonnies dans ces domaties. En effet, en saison pluvieuse le sol de la Savanne deviens spongieux puis se craquelle à la saison sèche, ce qui le rend peu abordable pour la construction de fourmilière.
L'arbre possède également des glandes qui sécretent des nectars riches en sucres et spécialement dédiés au fourmis, representant ainsi jusquà 65% de leur besoins énergétiques.
Cette dépense d'énergie par la plante est récompensée en contrepartie par les fourmis. Ces dernières, en échange de protection, d'abri et de nourriture, veillent sur leur hôte.
Jour et nuit, des milliers d'ouvrières « sentinelles » parcourent ses branches et, armées de puissant aiguillons le défendent des attaques d'ennemis herbivores.
Ainsi, des études montrent que les Acacias hébergeant des fourmis ne sont couverts que par quelques pourcents d'insectes nuisibles alors qu'ils dépassent les 40% pour les autres.
Les fourmis vont même jusqu'à détruire la végétation environnante qui pourrait grimper sur leur hôte et l'étouffer.
La relation entre Acacia drepanolobium et les fourmis du genre Crematogaster est donc bien à bénéfice réciproque puisqu'en offrant nourriture et abri aux fourmis, l'arbre reçoit une protection contre les herbivores. Chacune de ses deux especes augmentent donc leur fitness.
Cependant, l'équilibre de cette association qui a demandée des milliers d'années de coévolution est aujourd'hui menacée. De récentes études ont montrés que les « services » produit par l'arbre pour les fourmis est maintenue par les effets du brouttage des grands herbivores. En effet, en absence de brouttage, l'arbre réduit ses glandes à nectars et les domaties.
En réponse, les Crematogaster Mimosae augmentent leur elevage de parasites suceurs de sève afin de remplacer leur source de nourriture. Mais cela ne suffit pas et leur nombre diminue jusqu'à ceder la place à d'autres types de fourmis (Crematogaster Sjostedti) beaucoup moins agressives, et favorisant donc le parasitisme, rendant définitivement l'arbre en mauvaise santé.
Paradoxalement, les grands herbivores, dont certains sont proche de l'extinction, contribuent donc au maintien de l'association aussi particulière que celle qui unit fourmis et acacias et donc à l'équilibre de la biodiversité dans cette région du monde.
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